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La filière Cognac compte désormais 1 600 viticulteurs engagés dans la démarche Viticulture Durable Cognac soit plus d’un tiers des exploitations et près de la moitié des surfaces engagées. Cinq mois après le lancement de sa démarche de certification environnementale, et à l’occasion d’une conférence de presse lors du salon Vinitech-Sifel le mardi 20 novembre 2018, la filière Cognac a présenté ses premières exploitations certifiées, et détaillé ses objectifs et les spécificités de sa certification environnementale aux côtés de ses partenaires.
La certification environnementale : une approche ambitieuse et collective
09/01/2019

Une approche ambitieuse Après la mise en place du programme Référentiel Viticulture Durable comme première étape d’engagement, la filière Cognac souhaite accompagner les viticulteurs volontaires vers la Certification Environnementale Cognac.

Délivrant également la certification HVE (voir encadré plus bas) - permettant ainsi un statut officiel vis-à-vis des pouvoirs publics - cette certification est enrichie d’engagements spécifiques à la filière correspondant aux bonnes pratiques existantes et à généraliser dans le vignoble comme par exemple :
  • La gestion des effluents : aucun rejet dans le milieu naturel, un système de traitement, le recyclage des vinasses,
  • La pulvérisation confinée,
  • Les relations avec les riverains : invitation à nouer le dialogue avec ses voisins.
La filière Cognac est une des premières filières viticoles françaises à porter et accompagner une démarche de ce niveau (HVE) à l’échelle collective à travers son interprofession. L’objectif de la filière est de comptabiliser 50 % des surfaces du vignoble sous certification environnementale d’ici 2025. Elle confirme par ailleurs son objectif de 100 % des viticulteurs engagés d’ici 2021.

Une approche collective « Sur ce domaine comme sur d’autres, seul on va plus vite mais ensemble, on va plus loin » rappelle Christophe FORGET, viticulteur et vice-président du BNIC lors du point presse. La démarche vers la certification environnementale est progressive, elle se réalise en deux étapes. Les partenaires techniques engagés auprès de la filière Cognac sont présents aux côtés des viticulteurs pour chacune d’entre elles.

1ère étape : un engagement accessible à tous via une formation
Pour s’engager, 1 jour suffit. Il s’agit en effet de suivre une journée de formation gratuite et collective. Réunis en groupe de 10 personnes, les viticulteurs réalisent un diagnostic individuel d’exploitation via un outil disponible sur l’extranet du BNIC. Après une aide à la prise en main, le formateur accompagne les viticulteurs en faisant un point réglementaire et technique par grand enjeu et aide à répondre aux différentes questions de l’évaluation (chaque chapitre comprend entre 5 et 30 questions). Cette journée est surtout l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques en matière de viticulture durable. Suite au diagnostic, l’outil calcule l’atteinte des objectifs et propose une liste d’actions à mettre en place dans une démarche de progrès.

L’inscription à une session de formation se fait directement via le site dédié : vitidurable.cognac.fr ou auprès des Chambres d’agriculture de la Charente et de la Charente- Maritime

À noter qu’une playlist YouTube dédiée aux témoignages de viticulteurs déjà engagés est disponible sur la chaîne YouTube Cognac.

2ème étape : vers la certification environnementale Cognac
Les viticulteurs qui souhaitent atteindre la Certification environnementale Cognac, pourront, dès janvier 2019, entrer dans le système de certification collective portée par le BNIC.

Pour l’obtention de la certification, un audit sera réalisé par un organisme certificateur indépendant, Ocacia, agréé par le ministère de l’Agriculture. La certification environnementale Cognac délivrera également la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) du ministère de l’Agriculture, valable trois ans.

Pour accompagner les viticulteurs sur les aspects techniques, le BNIC a habilité des accompagnateurs techniques pour chaque grande thématique de la certification. Ils se tiennent à leur disposition, à savoir : Accomp’Agro, CER France, Chambres d’agriculture Charente et Charente-Maritime, Charente Eaux, Coopérative Agricole Régionale de Cognac, Coop Matha, Doni D, Ets Fortet Duffaud, Ets NAU, MSA, Négoce Agricole Centre Atlantique, Océalia, Piveteau, Raisonnance, Union Agricole Segonzac Chérac, Vitivista.


Cinq mois après le lancement de sa démarche de certification environnementale, les premières exploitations certifiées sont les suivantes : SCEA Vignobles Brisson, EARL Domaine du Puy, EARL Canesson, SARL Barit-Laurichesse, Domaines Jean Martell, SAS Domaines Rémy Martin, SARL SODEPA/Vignobles Hennessy.


La filière Cognac a présenté ses premiers professionnels certifiés HVE au salon VINITECH-SIFEL 2018 © BNIC
HVE : LA CERTIFICATION HAUTE VALEUR ENVIRONNEMENTALE
La certification environnementale est une démarche volontaire, accessible à toutes les filières, construite autour de quatre thématiques environnementales. Elle est conçue selon trois niveaux de progression :
  • la protection de la biodiversité,
  • la stratégie phytosanitaire,
  • la gestion de la fertilisation,
  • la gestion de la ressource en eau.

1 | Premier niveau
Il correspond à la maîtrise de la réglementation environnementale et à la réalisation par l’agriculteur d’une évaluation de son exploitation au regard des cahiers des charges du niveau 2 ou du niveau 3.

2 | Deuxième niveau
Il certifie le respect par l’agriculteur d’un cahier des charges comportant des obligations de moyens permettant de raisonner les apports d’intrants et de limiter les fuites dans le milieu. C’est dans ce cadre que des démarches environnementales peuvent être reconnues si le niveau des exigences environnementales de leur cahier des charges et le niveau des exigences de leur système de contrôle sont jugés équivalents au dispositif de certification environnementale.

3 | Haute Valeur Environnementale ou Troisième niveau
Il s’appuie sur des obligations de résultats mesurées par des indicateurs de performances environnementales. Les niveaux 2 et 3 font l’objet d’une certification de l’ensemble de l’exploitation par un organisme certificateur agréé par le ministère chargé de l’agriculture. Cette certification peut se faire de manière individuelle ou dans un cadre collectif.
    À ce titre, la Certification Environnementale Cognac délivrera de fait la certification HVE.



L’ENVIRONNEMENT INSCRIT POUR LA PREMIÈRE FOIS AU CAHIER DES CHARGES DE L’APPELLATION
À l’initiative de l’UGVC, la filière Cognac, par l’intermédiaire de son Organisme de Défense et de Gestion (ODG), a décidé d’inscrire au cahier des charges de l’appellation deux mesures agro-environnementales pour limiter l’utilisation du désherbage chimique :
  • L’interdiction du désherbage chimique des tournières ;
  • L’interdiction du désherbage chimique total des parcelles de vignes ; sous tous les interrangs, la maîtrise de la végétation étant alors assurée par des moyens mécaniques.

Le calendrier de mise en oeuvre prévu est le suivant :
  • Campagne 2019/2020 : période transitoire (information et accompagnement) ;
  • 1er août 2020 : mise en oeuvre du dispositif de contrôle.

Objectif : réduire de 50 % l’utilisation des herbicides d’ici 2025.
Cet objectif entre en cohérence avec ceux énoncés dans le plan filière déposé aux États Généraux de l’Alimentation.


JEAN DELPEUCH, PARMI LES PREMIERS VITICULTEURS CERTIFIÉS. COMME LUI, LANCEZ-VOUS !
Le vignoble de Jean DELPEUCH, viticulteur-bouilleur de cru de 25 ans à Mérignac, fait partie des premières exploitations qui ont reçu lors du salon Vinitech-Sifel, le 20 novembre dernier, la « Certification Environnementale Cognac ». Lors de la remise, Jean a tenu à témoigner de son engagement dans la démarche et de sa fierté à faire partie de la dynamique collective de la filière.

Pour lui, se faire certifier, c’était avant tout une question d’éthique, quel impact souhaitaitil avoir sur son environnement, aujourd’hui et demain ? Le challenge de devoir se remettre en question, la rigueur de travail exigée et la reconnaissance du travail accompli sur sa propriété ; par lui-même mais aussi par les générations précédentes ; furent également pour lui des motivations concrètes pour accéder à ce niveau d’excellence.

Il a ensuite souligné que la taille et les moyens de l’exploitation importaient peu, du moment où l’on s’engageait à penser autrement car selon lui, toute évolution passe par une remise en question. « Au-delà des démarches administratives, concrètement, il s’agit de mettre en place des petites actions qui ont des grands impacts sur le long terme. Grâce au soutien et l’accompagnement du BNIC et des Chambres d’agriculture, ma motivation s’est vue renforcée » a-t-il expliqué.

Jean ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, comme toute certification, le cercle vertueux de l’amélioration le pousse à vouloir aller toujours plus loin. Que ce soit en termes de réduction d’utilisation d’eau à la distillerie, la mise en place de haies (réservoirs d’espèces utiles à la vigne), d’investissements dans des matériels encore plus performants.

« Je souhaite partager avec vous mon espoir pour l’avenir de l’AOP Cognac car je suis persuadé que la filière n’en sera que meilleure si nous tous, viticulteurs, adhérons à cette démarche environnementale collective ! » a-t-il conclu.




Article rédigé par la Station Viticole du BNIC

Contact, renseignements
Myriam PRODHOMME
BNIC - Station Viticole
+33 (0)5 45 35 61 32
mprodhomme@bnic.fr

Laetitia FOUR
BNIC - Station Viticole
+33 (0)6 86 38 57 02
lfour@bnic.fr

 

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